Sainte Philomène

Sainte Philomène, l’histoire passionnante d’une sainte énigmatique

Qui était Sainte Philomène? Pourquoi Jean Marie Vianney, le Saint Curé d’Ars était si attaché à cette petite sainte? Quels miracles entourent l’histoire de cette jeune martyre et la découverte de ses reliques? Partons à la découverte passionnante d’une sainte énigmatique : Philomène.

Sainte Philomène : la naissance d’une jeune martyre

Rome, 25 mai 1802. Une découverte capitale interrompt brusquement des fouilles dans la plus ancienne partie de la catacombe de Sainte Priscille. En effet, une tombe ornée de l’inscription énigmatique LUMENA PAXTE CUM FI est mise au jour. Sans tarder, le voile sur cette première énigme se lève. Une fois l’ordre des trois blocs portant l’inscription modifié, il apparaît clairement cette belle épitaphe : PAXTE CUM FILUMENA signifiant « La Paix soit avec toi, Philomène ».

Peu de temps après, derrière la cloison, on retrouve les ossements d’une jeune fille de 12 à 15 ans. Une fiole de sang, de petite taille et à moitié brisée, gît à côté. Ce dernier détail apporte un indice capital aux archéologues. En effet, ce genre de petit vase était habituellement disposé dans les tombes des martyrs par les premiers chrétiens. Nous venons d’assister à la naissance de Sainte Philomène, jeune martyre du début de l’ère chrétienne.

Dès lors, on associe des phénomènes extraordinaires à cette humble petite sainte : miracles autour de ses reliques, guérisons, grande dévotion populaire, … Découvrez les origines passionnantes du culte dédié à Sainte Philomène. Mais aussi les causes profondes de l’extraordinaire expansion de ce dernier au sein du monde chrétien.

Les origines du culte de la petite sainte Philomène : découverte du corps et transport des reliques

La tombe d’une martyre

Premier indice prouvant le statut de martyre de Sainte Philomène, la fiole de sang. Mais elle n’est pas le seul signe qui permit d’élever la jeune fille à ce noble état. En effet, la tombe de notre « Bien-aimée » Philomène – comme l’origine de son nom nous encourage à la nommer (du grec Phileo qui signifie « aimer ») – décelait d’autres trésors. Ainsi, différents symboles particulièrement évocateurs ornaient soigneusement l’inscription tombale. Une palme indiquant le triomphe du ciel, une fleur comme signe de l’innocence, une ancre symbolisant l’espérance éternelle et trois flèches évoquant probablement les instruments du supplice l’habillaient également.

Ces différents ornements tout comme la présence de la fiole de sang laissaient peu de place au doute : nous étions en présence de la tombe d’une sainte martyre. C’est ainsi qu’une fois identifiés, les ossements datant au plus tard de l’an 150 après Jésus-Christ furent donc pieusement transportés au Trésor des reliques. Elle fût d’ailleurs leur nouvelle demeure durant trois années.

Sainte Philomène

Un reliquaire source de grands prodiges

Fin juin 1805. Don François de Lucia, le prêtre de Mugnano, une ville aux environs de Naples, part à Rome à la recherche d’un reliquaire pour son église. Touché par le doux nom de la martyre, il porte son choix sur les reliques de Sainte Philomène. Une nouvelle demeure accueille alors la martyre : l’Eglise des Grâces à Mugnano. Son arrivée dans la ville ne passe pas inaperçue et pour cause, une série de miracles se succèdent en sa présence :

  • C’est d’abord Angel Bianco, qui, frappé d’une mauvaise goutte, voit ses prières exaucées le jour de l’arrivée du reliquaire. En effet, il apparaît guéri à l’église devant tous ceux qui le connaissaient impotent depuis plusieurs mois.
  • Puis la veuve de Mercogliano, venue avec son fils estropié à la messe du dimanche, voit son fils entièrement guéri marcher vers le reliquaire. C’est au moment même où elle est en train de prier avec ferveur Sainte Philomène que cet évènement se produit. « Miracle ! » scande la foule de croyants rassemblés.
  • Mais aussi la mère d’une petite fille aveugle. Confortée par le miracle survenu le matin même, elle décide de recouvrir les yeux malades de son enfant d’huile contenue dans la lampe placée devant Sainte Philomène. La fillette est immédiatement guérie, sous les yeux émerveillées de la foule présente dans l’Eglise.

Désormais la source des miracles étaient ouverte et ne devaient plus tarir.

La guérison de Pauline Jaricot : le miracle qui fit la renommée de Sainte Philomène

« Un miracle de premier ordre »

Entièrement vouée aux œuvres de piété, fondatrice du Rosaire-Vivant et de la Propagation de la Foi, la Lyonnaise Pauline Jaricot connut Philomène et ses prodiges par le biais des Frères de Saint-Jean-de-Dieu. Frappée par une grave maladie de cœur, elle décida d’entreprendre un pèlerinage à Mugnano. Sa renommée dans le monde chrétien l’ayant précédée, la venue en Italie de Pauline Jaricot ne passa pas inaperçue. Le Pape Grégoire XVI lui-même se déplaça pour la voir et constater la gravité de son état. Un étrange dialogue conclu alors leur rencontre. Et c’est remplie de foi que Pauline fit faire une promesse au Pontife. Il procéderait immédiatement à l’examen définitif de la cause de Philomène si elle parvenait à aller au Vatican, à pied, à son retour de Mugnano. Le Pape assura à l’illustre malade que, si cela se produisait, ce serait un « miracle de premier ordre ».

Le 8 août 1835, la moribonde arriva à Mugnano. Deux jours plus tard, lors de la fête de la Sainte, Pauline Jaricot passe la journée entière devant les reliques. Le soir même, sous les yeux stupéfaits du gardien de l’Eglise, la malade pleine de zèle marche et délaisse le grand fauteuil qui ne la quittait plus ces derniers mois. Les cloches se mettent à sonner à la volée. Tout le monde peut venir constater le nouveau miracle. Emu par la guérison miraculeuse de Pauline, Grégoire XVI la retient un an à Rome. Il tient également sa promesse à la miraculée en donnant l’ordre d’instruire canoniquement la cause de Philomène. Et en 1837, il autorise le culte public de Sainte Philomène au sanctuaire de Mugnano.

Le Curé d’Ars : les origines de sa dévotion à Sainte Philomène

De retour en France, Pauline Jaricot plaça les reliques et l’image qu’elle avait rapportées de sa bienfaitrice au sein d’une chapelle. C’est ainsi qu’elle fit bâtir sur sa propriété, cet édifice, en l’honneur de la petite sainte. Pauline Jaricot conserva néanmoins une relique pour l’offrir au curé d’Ars. Un modeste prêtre du diocèse de Belley qui deviendra une figure sacerdotale majeure de ce siècle. Selon elle, Sainte Philomène pouvait permettre au curé d’obtenir tout ce qu’il lui demanderai. C’était le début d’une relation privilégiée entre le prêtre et la Sainte. Quelle que soit la faveur demandée par le curé, cette dernière était exaucée par Philomène. Les miracles se succédèrent les uns après les autres. Jusqu’à cette année 1843 où le saint homme, frappée d’une fluxion de poitrine, en bénéficia personnellement. Alors qu’il avait reçu les derniers sacrements et qu’une messe à sa Sainte se disait pour lui, le curé d’Ars entra dans un étrange sommeil. Il murmura le nom de sa protectrice encore et encore. Peu après, il se réveilla complètement guéri.

Durant 41 ans, l’église d’Ars n’a jamais désempli et longtemps elle résonna des éloges du saint homme en faveur de la petite Sainte Philomène.

Sainte Philomène

 

Prière à Sainte Philomène

Prière Sainte Philomène

Prière de César-Joseph Marpot (1827-1898), Evêque de Saint-Claude

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