sainte claire d'assise

Sainte Claire d’Assise : une vie tournée vers l’humilité et le partage

Fondatrice de l’ordre des Pauvres Dames et disciple de Saint François d’Assise, Sainte Claire d’Assise fut canonisée seulement deux ans après son décès. À l’instar de son maître, elle vécut dans une pauvreté radicale et une humilité bouleversante.

Mais qui était Claire ? Quel cheminement la conduisit vers la vie de religieuse ? Comment rencontra-t-elle son mentor, Saint François d’Assise ? Retour sur la jeunesse, le parcours et les oeuvres extraordinaires de l’une des saintes les plus aimées et admirées dans l’Eglise…

Aux origines de Sainte Claire d’Assise

Assise vit naître de nombreux saints et plus particulièrement deux dont les vies extraordinaires connaissent encore aujourd’hui une renommée mondiale : Sainte Claire d’Assise et Saint François d’Assise. Cette ville semble être le berceau tout particulier d’une sainteté choisie par Dieu. Partons dès maintenant sur les origines de la foi qui naquit dans l’âme de Claire et découvrons comment, par un merveilleux parcours, elle fit la rencontre de son mentor Saint François.

Entre armes et pieuseté : le destin fabuleux d’une jeune fille

En dehors de la foi de sa mère, Hortolana Fiumi, rien ne prédestinait vraiment la jeune Claire à dévouer sa vie entière à la foi chrétienne. Née d’une famille noble dont le père possédait un château sur le Mont Subasio, en Italie, Claire vit la quasi totalité de ses frères s’engager dans les armes. C’est auprès de sa mère, fervente croyante et pèlerine, qu’elle fit ses premiers pas dans la foi catholique.

Dès son enfance, sainte Claire d’Assise montra des signes précurseurs de sa grâce. Elle vécut sa jeunesse dans l’innocence et la vertu, loin de l’espièglerie et la pétulance dont les enfants de son âge font habituellement preuve. En parallèle, sa mère l’initie à la foi dès son plus jeune âge, lui relatant avec ferveur ses pèlerinages à Jérusalem, au mont Gargan et jusqu’à Saint-Pierre de Rome.

L’âge de raison : le choix de la vertu

En grandissant, la ferveur religieuse de Claire ne faiblit pas. Désormais à l’âge de raison, la jeune fille s’exerce au jeûne, à l’aumône et à l’oraison avec une volonté sans faille. Mais alors que ses parents tentent de la marier, elle déclare ne vouloir d’autre époux que Jésus Christ.

C’est à cette période que Claire s’intéresse aux paroles de Saint François d’Assise, qu’elle parvient d’ailleurs à rencontrer le temps d’une entrevue dans son couvent de la Portioncule. Cette rencontre jouera un rôle déterminant dans la suite de son parcours.

Une rencontre déterminante avec Saint François d’Assise

Saint François d’Assise confirme ce que Claire ressent en elle depuis longtemps déjà, et la soutient fermement dans sa volonté de vouloir préserver sa pureté. De nouvelles rencontres ont lieu, renforçant le lien entre le maître et sa disciple. Saint François d’Assise initie Claire à l’humilité et à la pauvreté et partage ses connaissances et son expérience avec elle. Et c’est ainsi que le 19 mars 1212, jour des Rameaux, la jeune femme se déleste de tout ce qu’elle a de plus précieux pour revêtir un simple sac et une corde et couper ses cheveux. Après cet acte profondément engagé, Saint François d’Assise prend la décision de la conduire chez les Bénédictines de Saint Paul, où elle pourra véritablement commencer à oeuvrer pour ses convictions.

Sainte Claire d’Assise : Un parcours humble et semé d’embuches

Les cheminements qui menèrent Sainte Claire d’Assise vers sa destinée ne furent pas des plus aisés. Elle dût affronter de nombreux obstacles et des proches réfractaires à sa décision avant de pouvoir enfin se dévouer sereinement au Seigneur.

Une décision largement critiquée

Claire n’a que 18 ans lorsqu’elle rejoint les Bénédictines de Saint Paul. Cette décision est accueillie de diverses manières. Certains assurent qu’elle laisse parler son jeune âge, d’autres l’attribuent à une dévotion mal placée… Mais c’est sa famille qui, véritablement, aura le plus de difficulté à accepter cet état de fait. Cette dernière ira même jusqu’à user de violence pour tenter de la faire revenir dans le foyer familial. Mais Claire ne faiblit pas et, guidée par sa foi, elle s’attacha aux ornements de l’autel et montra ses cheveux coupés afin d’affirmer sa volonté.

Les retrouvailles de deux soeurs

Saint François d’Assise profite de la fin de la tourmente pour inviter Claire à rejoindre le monastère de Saint Ange de Panso. C’est ici que la jeune femme prie le Seigneur pour qu’il lui envoie sa chère petite soeur, Agnès de Sciffi. Et sa prière est exaucée seulement 16 jours après son arrivée au monastère de Saint Ange de Panso. Après sa fuite du foyer familial, Agnès rejoint sa grande soeur pour partager ses exercices de pénitence et de mortification. Mais ces retrouvailles déclenchent une nouvelle fois la colère de leur famille. À 12 hommes, ils se rendent au monastère et rouent la cadette de coups puis l’enlèvent. Claire se met immédiatement en oraison et, par miracle, sa petite soeur devient si pesante et si immobile que les 12 hommes ne parviennent plus à la porter. Mortifiés et confus, les hommes se laissent persuadés par Claire de laisser la jeune fille et quittent les lieux dans les plus brefs délais. Agnès peut enfin rejoindre le monastère et, à seulement 14 ans, elle reçoit l’habit de Saint François d’Assise.

L’Ordre des religieuses de Saint François d’Assise

Les oeuvres exemplaires de sainte Claire d’Assise ne cessaient de susciter l’admiration de tous. La renommée de sa vie en odeur de sainteté ayant rapidement traversé les murs du monastère, elle s’était répandue avec une frénésie à peine croyable partout dans la région. Bientôt, il faudrait répondre à une demande croissante d’âmes croyantes voulant devenir religieuses aux côtés de Claire.

Un mouvement guidé par la foi

C’est quand Saint François d’Assise décide d’installer les deux soeurs dans une petite maison adossée à l’église Saint-Damien qu’est créé l’Ordre des religieuses de Saint François d’Assise. Attirées par la piété de Claire et d’Agnès, de nombreuses femmes et filles rejoignent l’aventure. Hortolona, leur mère, ainsi que Béatrix, leur dernière soeur, se joignent au groupe de religieuses, mais aussi des dizaines d’autres venues promettre obéissance. Face au nombre croissant de nouvelles compagnes, Claire, désignée comme étant leur supérieure, demande au Saint de se délester de cette responsabilité pour ne se consacrer qu’à sa foi. Mais le Saint, persuadé du dessein de Claire, la confirme en son office.

Claire, mère et maîtresse de l’Ordre des religieuses

Car qui mieux que Claire, divinement touchée par l’esprit du bienheureux patriarche, pouvait diriger et accompagner ce groupe vers ce pieux parcours ? C’est donc avec ferveur que la jeune femme endosse le rôle de supérieure. Pendant des années entières, elle s’emploie à occuper les postes les plus difficiles, à laver et à servir ses compagnes, et à s’occuper des tâches les plus ingrates. Et c’est ainsi, dans cette plus profonde humilité, que naquit son amour pour la sainte pauvreté.

La pauvreté au service de la foi

L’humilité sans faille de Sainte Claire d’Assise la poussait à nourrir une profonde aversion pour toute forme de richesse, quelle qu’elle soit. La pauvreté, au contraire, suscitait en elle d’ardents sentiments d’amour. Oui, Claire en était convaincue, servir Dieu ne pouvait se faire que dans la pauvreté matérielle.

L’abandon de la richesse

Au moment de la succession de son riche père, Claire décide de se délester de ses nouvelles richesses en les redistribuant entièrement aux pauvres et en ne gardant que le strict nécessaire. Son objectif est de se conformer à la vie de Jésus Christ qui, pauvre, n’a jamais possédé quoi que ce soit en ce monde. C’est ainsi qu’elle obtient le privilège de la pauvreté de la part du Saint-Père le pape Innocent III. Son titre de « pauvre » est alors considéré comme un titre de gloire et d’honneur.

L’Ordre des Pauvres Dames

Face à cette volonté de vivre dans la plus pure et la plus humble des pauvretés, l’Ordre des religieuses de Saint François d’Assise devient l’Ordre des Pauvres Dames. Mais jugeant qu’une telle pauvreté était trop rigoureuse pour des dames, le pape Grégoire IX leur proposa une rente, qu’elles refusèrent humblement. Et c’est de cette pauvreté que les Pauvres Dames purent être témoins de merveilleux miracles. 50 morceaux de pain qui grossissent pour devenir un véritable repas pour 50 dames, un baril vide qui se remplit d’huile miraculeusement… Aucun doute : Dieu veille au secours de ceux qui se confient en lui.

Sainte Claire d’Assise : Une vie dédiée à Dieu

Claire aimait à vivre avec simplicité, modestie et souvent même, austérité. Son seul souhait était de faire honneur à Dieu. Sa vie était exclusivement tournée vers les saints exercices et tout ce qui était susceptible de rendre hommage à la bonté et à la grandeur du Tout-Puissant.

Morte pour le monde, vivante pour Dieu

Complètement effacée aux yeux du monde, Claire, dont le coeur est parfaitement pur, consacre son temps à l’oraison. Chaque jour, de nombreuses heures sont consacrées à la prière, dans la solitude ou en compagnie de ses soeurs. À plusieurs reprises, ses compagnes eurent l’occasion d’être témoins d’apparitions divines. Mais il serait impossible de connaître l’étendue des faveurs qu’elle recevait de ses saints exercices. Car Claire avait tant de crédit aux yeux de Dieu qu’elle pouvait obtenir tout ce qu’elle demandait.

Les miracles de Sainte Claire d’Assise

Admirable, la dévotion de Claire envers Dieu ne fait que s’affirmer au fil des années. Elle lui permet de réaliser de nombreux miracles par la vertu du signe de la croix. Plusieurs fois, la religieuse parvient à guérir des malades, à l’instar d’Etienne, victime de la fièvre chaude, et de plusieurs de ses filles à qui elle parvient à rendre la santé. Elle-même victime de plusieurs maladies violentes, Claire s’en sort indemne à plusieurs reprises, touchée par la grâce du Seigneur.

Sainte Claire d’Assise : En chemin vers l’éternité bienheureuse

Sainte Claire d’Assise vouait une dévotion éperdue à l’égard du Saint Sacrement. Elle ressentait aussi un amour inconditionnel envers Notre Seigneur lorsqu’elle méditait sur la Passion du Christ. Les ineffables plaies suscitées par la Couronne d’Epines et la Lance étaient sources de sa tendresse toute dévouée.

La rencontre avec le Seigneur

Après 42 ans de pratique fidèle et assidue de la religion, Claire tombe gravement malade. Mais elle continue d’affirmer qu’elle ne mourrait pas avant d’avoir reçu la visite de Dieu et de ses disciples. Et sa prédiction est réalisée alors que le pape Innocent IV, qui apprécie tout particulièrement cette épouse fidèle du Seigneur, vient lui rendre visite dans son couvent de Saint-Damien. Accompagné de ses cardinaux, il lui donne sa bénédiction apostolique. Claire, baignée de larmes, accueille alors son dessein avec humilité, consolée par son Epoux bien aimé.

Les paroles saintes de Claire d’Assise

Avant de mourir, Claire, toujours accompagnée de ses religieuses, dicte un testament afin de leur laisser un héritage spirituel. Dans ce dernier, elle prône une nouvelle fois l’humilité et la pauvreté. Les visites successives des évêques et des cardinaux lui permirent une dernière fois d’exhorter à la piété puis, dans un brasier d’amour et de sérénité, elle accueillit son dessein sans peur ni douleur, exhortant son âme de quitter son corps sans crainte.

L’accueil du Seigneur

Alors que son âme quittait son corps, Claire fut accueillie par le Seigneur dans un véritable tourbillon d’amour. Accompagnée de vierges couronnées de fleurs, dans un parfum de senteurs exquises, sous une lumière plus brillante encore que le soleil, Claire s’envola dans le sein de la Divinité. Le 11 août 1253, Claire est enterrée dans la ville d’Assise, accompagnée du Pape lui-même, et des nombreuses religieuses de l’Ordre de Saint François. Lorsque l’assemblée commença à entonner l’office des morts, le Pape les exhorta à chanter l’office de la Sainte Vierge, comme s’il eût voulu canoniser Claire avant son inhumation.

De Claire à Sainte Claire d’Assise

Le 26 septembre 1255, soit deux ans seulement après sa mort, Claire est canonisée en la cathédrale Santa Maria d’Anagni par le pape Alexandre IV. C’est à ce moment-là que commence la construction d’une église à Assise : la basilique Sainte-Claire, érigée en l’honneur de la sainte. En 1260, la sépulture de Sainte Claire d’Assise est transférée dans la chapelle San-Giorgio, avant que son corps ne soit exhumé d’après la décision de l’évêque d’Assise en 1850. Plusieurs miracles prirent place en cette occasion.

Quelle vie exemplaire que celle de sainte Claire d’Assise ! Toute dévouée à Dieu dès sa plus tendre enfance, elle n’a cessé de vouloir le servir en toute humilité. La pauvreté était à ses yeux le chemin le plus sûr pour plaire au Seigneur. Fondatrice de l’Ordre des Pauvres Dames qui deviendra plus tard l’Ordre des Clarisses, Sainte Claire d’Assise marqua toute une génération et continue, encore aujourd’hui, de divulguer son message exhortant à la piété, à l’humilité et à la pauvreté.