Saint Louis Marie Grignion de Montfort

Saint Louis-Marie Grignon de Montfort : tout dévoué à Dieu et aux pauvres

C’est en 1673, le 3 janvier pour être plus précis, que naquit Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, dans le diocèse de Saint-Malo, évêché historique de Bretagne. Fils d’un avocat reconnu nommé Grignon de la Bacheleraie et de Jeanne Robert, mère attentionnée et prévenante, il est l’aîné d’une famille de 8 enfants, tous élevés dans la foi catholique. Pieux dès sa plus tendre enfance, Saint Louis-Marie Grignon de Montfort sait réconforter les gens qui l’entourent en se tournant vers la Bible et en leur rappelant le sacrifice du Christ. Animé par l’Esprit Saint, il est un enfant vertueux et bien pensant.

Né Louis, c’est lors de sa Confirmation que le jeune homme reçoit son deuxième prénom : Marie. Sa quête vers Dieu est dès lors en marche au travers d’actions et de décisions chastes. Le parcours du saint se profile déjà : son sens de l’abnégation et son altruisme profond l’honorent.

Des études dans la foi de Dieu et une entrée au séminaire très attendue

Saint Louis-Marie Grignon de Montfort ressentit profondément, à travers tout son être, la piété durant ses années au Collège des Pères de la Compagnie de Jésus. Montrant alors un grand sens de la miséricorde, le jeune homme s’attache à aider les plus pauvres en plaidant leur cause auprès des plus riches. Studieux et naturellement doué pour les études, il réussit rapidement à s’attirer les bonnes grâces de ses maîtres et de ses camarades. Ses jours de liberté, il les passe à aider les élèves les plus pauvres ou à l’auspice auprès des malheureux délaissés par la société pour réchauffer leur âme et les éveiller à la conscience chrétienne. Sa vie entière se consacre aux autres, sans amusements vides de sens et de distractions inutiles. L’horizon vers lequel il tend l’incite aux bonnes actions quotidiennes. Lorsque ses parents viennent s’établir à Rennes pour éduquer leurs autres enfants et demandent au jeune homme d’être leur précepteur, c’est avec plaisir et entrain qu’il s’acquitte de cette tâche.

Ouvert aux autres durant son enfance et son adolescence, Louis-Marie choisit sa voie avec assurance. Les enseignements des hommes de Dieu lui ont permis d’approfondir ses connaissances religieuses mais aussi de s’imprégner de l’aura divine, c’est pourquoi il décide à l’âge de 19 ans de se tourner vers une vie ecclésiastique, de commencer ses études de théologie au collège de Rennes puis d’entrer au séminaire Saint-Sulpice de Paris. Durant cette période, il séjourne chez une dame pieuse rencontrée à Rennes : Mademoiselle de Montigny et bénéficie de la protection du curé de Saint-Sulpice : M. de la Barmondière. Il est ordonné prêtre en 1700, à l’âge de 27 ans par Monseigneur de Flamanville, évêque de Perpignan. Même s’il ne se juge alors pas digne de recevoir le sacerdoce, Saint Louis-Marie Grignon de Montfort sait que sa route est toute tracée et qu’une mission l’attend.

Ces années au séminaire lui apportent des réponses et l’incitent à se tourner plus encore vers ses congénères. Auprès du Père Descartes, il renforce sa foi et sert Dieu avec une grande humilité. Sa vocation toute tracée l’amène très régulièrement au pied de la statue de la Sainte Vierge, sa protectrice depuis toujours auprès de laquelle il se réfugiait chaque fois que son père devenait violent. L’église de son quartier est alors son refuge, la maison qui lui procure réconfort et consolation.

Ses années en tant qu’aumônier à l’hôpital de Poitiers

Saint Louis-Marie Grignon de Montfort continue ses bonnes œuvres auprès des pauvres et des malades à l’hôpital de Poitiers. Sa mission est alors de soutenir les plus malheureux dans leur douleur en leur rendant différents services, de donner les derniers sacrements mais aussi de transmettre un peu de chaleur en portant la parole chrétienne. Dans cette paroisse, le prêtre dit la messe, enseigne le catéchisme et donne des conseils avisés pour le salut de l’âme. Il rassemble les jeunes en les exhortant de se tourner vers la méditation et les invite à rejoindre la congrégation de la Sainte-Vierge au Collège des Jésuites. De nouvelles règles sont énoncées visant au mieux-être de ses protégés et de sa communauté.

C’est aussi à cette période que le père Grignon de Montfort commence à regrouper autour de lui des jeunes filles ayant pour vœu le plus cher d’aider les pauvres. L’une d’elle est fille de magistrat et s’appelle Marie-Louise Trichet. Il en fait son porte-parole et la place à la tête d’une congrégation regroupant 12 jeunes femmes particulièrement vertueuses et nommées Les Filles de la Sagesse. Dédaigneux, les bourgeois supportent mal de voir leurs filles se consacrer aux autres et font congédier l’aumônier. L’expérience reste toutefois bénéfique : le Père Louis-Marie Grignon de Montfort souhaite poursuivre sa mission et offre ses services à l’évêque de Poitiers qui l’envoie alors prêcher la pénitence dans le diocèse. Le chapelain humble et nourri par sa foi apparaît tel un Saint venu les sauver et peu de temps après sa première homélie, la piété et la vertu sont de retour dans les rues et faubourgs de Montbernage. Une chapelle est érigée et en son sein se tient une statue de la Sainte-Vierge.

Saint Louis-Marie Grignon de Montfort rencontre à cette époque celui qui ne le quittera plus et le suivra dans toutes ses missions, même les plus lointaines : le Frère Mathurin. Après avoir apporté ses bienfaits dans l’église des religieuses du Calvaire, il est appelé à la paroisse de Saint-Saturnin, près de Poitiers où fut construit quelques années plus tard l’hôpital des Incurables confié aux Filles de la Sagesse.

Dénigré par certains suite à la mission du calvaire, il préfère se retirer un moment et en profite pour se diriger vers Rome.

Pèlerinage à Rome

Le voyage à Rome est l’occasion de visiter le souverain pontife : Clément XI et de lui proposer son aide pour sauver des âmes et porter la parole de Dieu dans les contrées que le grand homme choisirait.

Retour en France et poursuite de la mission divine

Saint Louis-Marie Grignon de Montfort est donc envoyé en France où les jansénistes sont de plus en plus nombreux et plus forts. Après avoir retrouvé sa famille et les lieux de son enfance, il poursuit sa quête et sa mission divine à Dinan, paroisse de Saint-Brieuc. Intégré à un groupe de missionnaires, il prend en charge les leçons de catéchisme et instaure la maison de la charité dédiée aux pauvres et dirigée par Les Filles de Sagesse.

Un peu plus tard, l’homme pieux se lie à un scolastique très connu dans la région : M. Leuduger pour porter la bonne parole dans le diocèse de Saint-Brieuc et plus particulièrement à La Chèze où il prend le parti de restaurer une ancienne chapelle qui tombe en ruine.

Parce que la doctrine chrétienne est fondée sur la dignité et le respect de son prochain, l’home d’église s’oublie lui-même pour se consacrer aux autres et veiller à leur salut. Lors de la retraite des sœurs de la Croix de Saint-Brieuc où il est invité, le Père Grignon prêche pour le partage de la nourriture et des biens et incite les religieuses à faire preuve d’encore plus de bonté d’âme. Cette mission et les suivantes se révèlent fructueuses : les prédications du prêtre s’avèrent justes et fondées. Plusieurs paroisses sont évangélisées et de nombreuses conversions ont lieu.

Saint Louis-Marie Grignon de Montfort : Une vie remarquable saluée par l’église et ses représentants

C’est durant sa mission à Saint-Laurent-sur-Sèvre pour y établir l’une de ses congrégations que Saint Louis-Marie Grignon de Montfort s’éteint, suite à une longue maladie découlant d’une vie austère et de périodes de fatigue à répétitions. Il mourut en 1716 à l’âge de 43 ans.

Pour lui faire honneur, on voulut le changer de sépulture. L’évêque en charge de ce projet pieux s’aperçut alors que le corps du prêtre était parfaitement conservé : la mort ne l’avait atteint d’aucune façon… Le tombeau dans lequel il reposait n’avait en plus subi aucun dommage lors des révoltes successives des guerres de la Vendée.

Déclaré vénérable par le pape Grégoire XVI en 1838, le père Grignon a été reconnu comme disciple du Christ et élevé au rang de Saint sous le règne du souverain pontife Pie IX.

Trois ouvrages écrits par le Saint sont régulièrement réimprimés :

  • Des Cantiques ;
  • La Journée chrétienne ;
  • La Jeunesse sanctifiée.

Les congrégations fondées par le Père Grignon de Montfort, saint homme d’église

La Maison Mère des différentes congrégations implantées par le Saint Louis-Marie Grignon de Montfort se trouve à Saint-Laurent-sur-Sèvre en Vendée. Ce sont :

  • La Compagnie de Marie ou du Saint-Esprit : 43 profès poursuivent la mission du Saint en France et à Haïti. Leur rôle est de réaliser des missions auprès des pauvres et des âmes perdues mais aussi de rester aux côtés des Filles de la Sagesse pour les guider.
  • La congrégation des Filles de la Sagesse représentée par un peu plus de 3040 religieuses dont la mission est de s’occuper d’hôpitaux, d’enseigner le catéchisme et éduquer. 260 Maisons sont réparties en France et en Belgique œuvrant dans divers domaines : écoles, ouvroirs, crèches, aides aux pauvres, asiles de l’enfance, hôpitaux militaires, etc.

La vie de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort toute entière a été consacrée aux autres et plus particulièrement aux pauvres, à ceux qui en avaient le plus besoin. Sa sanctification est le fruit de ce long parcours et de cette quête qu’il a poursuivie avec ferveur jusqu’à son dernier souffle.