saint françois d'assise

Saint François d’Assise : une source d’inspiration pour tous

Il ne cherchait pas « tant à être consolé qu’à consoler, (…), à être aimé qu’à aimer ». Il déclarait « heureux le religieux » dont la joie permanente permettait de « porter les hommes à l’amour de Dieu ». Il se disait « fermement convainc[u] de ne rien posséder en propre ». Amour, joie, humilité, des qualités touchantes qui sont un si juste reflet de la magnifique personnalité de François d’Assise ! Patron des plus petits, le personnage de saint François d’Assise attire par sa simplicité, son don de soi et sa piété incomparable. Sans conteste, cette figure chrétienne connue de tous mérite toute notre attention ! Et si l’on faisait davantage connaissance avec François d’Assise ?

Qui était Francesco d’Assisi, de son vrai nom Giovanni di Pietro Bernardone ? Quelles sont les différentes étapes de sa conversion ? Comment son parcours de croyant peut-il être une source d’inspiration pour nous chrétiens ? Approfondir sa foi, c’est aussi méditer sur les figures de sainteté qui peuvent être de merveilleux modèles pour les croyants que nous sommes. Partons donc à la découverte de saint François d’Assise, explorons les moindres recoins de son existence, soyons à l’écoute de ses doutes, accompagnons-le dans ses quêtes, … Un cheminement qui sera sans nul doute une nouvelle occasion de faire grandir notre foi à tous et d’affiner encore davantage notre spiritualité de chrétien!

Le chemin jusqu’à la conversion : la jeunesse mouvementée de Saint François d’Assise

Il l’a concédé humblement, il ne possédait rien « à part [ses] vices et [ses] vertus ». Jeune homme turbulent et frivole, François d’Assise a cheminé quelque temps loin de Dieu et de sa direction pleine d’amour avant de se placer sous son entière protection. Une fragilité initiale qui rend le personnage de François d’Assise si abordable pour chacun d’entre nous qui luttons quotidiennement avec nos failles et faiblesses en tant qu’enfants de Dieu… Oui, avec sa jeunesse dissipée marquée par des aspirations matérielles, Saint François d’Assise se révèle être un parfait exemple de conversion, une véritable inspiration pour nous tous qui nous efforçons chaque jour de nous rapprocher toujours plus près de Dieu et de sa Sainteté !

Né en 1182 à Assise, François se fait baptiser sous le nom de Giovanni selon le désir de sa mère qui souhaitait ainsi faire honneur à l’apôtre Jean. Un souhait pieux qui va cependant se voir contrarié par le retour du père … Rentré de son voyage d’affaires en France, ce dernier décide en effet de lui donner le prénom de Francesco en hommage au pays où il vient de séjourner. Francesco aide très tôt son père – un riche drapier – dans son travail de commerçant. L’enfant travailleur grandit et cherche à s’épanouir. Il se laisse alors tenter un temps par une vie de fête et de loisirs. Le simple fils de marchand se laissent également griser par des rêves de promotion sociale. Désirant être chevalier, il s’engage au sein de l’armée pour faire la guerre à la noblesse de Pérouse et d’Assise. Il ne gagnera de ces aspirations qu’une année en prison dont il ressort en mauvaise santé. Incontestablement, la présence bienfaisante de Dieu n’emplit pas encore sa vie …

1204. Affaibli par une longue maladie qui l’immobilise durant de nombreux mois, François d’Assise se recentre sur des objectifs supérieurs. Une pause, une période de transition qui lui permet de méditer, de murir, … Réalisée en plusieurs temps, sa conversion l’amènera ainsi à effectuer un véritable changement de style de vie. Toujours habité par son rêve d’acquérir le rang de noble en effectuant de hauts faits d’armes, il renonce finalement à son projet de rejoindre l’armée de Gauthier de Brienne suite à un songe qu’il fait durant le voyage, à Spolète. Une voix venant de Dieu – ce que Francesco ne comprit que plus tard – l’exhorte à rentrer chez lui afin de ne pas ‘abandonner’ le « Maître ». De retour à Assise, saint François d’Assise réalise combien son existence est vide et superficielle. Il commence alors à fréquenter de plus en plus régulièrement les chapelles du Val di Spoleto abandonnant dans le même temps ses compagnons de fête. Un renouveau promesse d’une vie meilleure, désormais au plus près de Dieu…

La conversion : de François Bernadone à saint François d’Assise

1205, Francesco a 23 ans. Son cheminement spirituel se poursuit. En prière devant le crucifix de Saint-Damien, dans la chapelle San Damiano d’Assise, il entend une voix qui lui demande de reconstruire sa maison qui « tombe en ruines ». « François, va et répare ma maison » … Ces mots retentiront à jamais dans l’esprit de François. De cette intervention divine naîtra la vocation du Poverello : tout quitter pour s’abandonner entièrement à Christ. C’est également autour de cette chapelle que Claire d’Assise, à la suite de François, va vivre une vie de prières et de fraternité au sein d’un groupe de femmes, les sœurs Clarisses.

Bouleversé au plus profond de son être, François prend donc l’ordre divin au pied de la lettre et décide de restaurer sans tarder la vieille chapelle délabrée. Pour accomplir sa mission divine, il décide alors de vendre plusieurs marchandises de son père, Pietro Bernardone. Furieux et considérant la démarche de son fils comme une véritable excentricité, ce dernier exige qu’il lui rende des comptes. En 1206, il l’assigne donc en justice. Cet épisode marquera la rupture de Francesco avec son père à qui il laisse ses habits de manière symbolique. Son statut de pénitent le faisant échapper à la justice laïque, il est en effet convoqué pour une audition par Guido 1er, l’évêque d’Assise. C’est à cette occasion qu’il rend toutes ses affaires à son père et déclare s’en remettre désormais au Père Céleste à qui il « confi[e] [son] trésor et donn[e] [sa] foi ». L’évêque l’enveloppe alors de sa cape, lui signifiant ainsi que l’Eglise le prend sous son entière protection. L’appel de Dieu a été clairement entendu par François … Le voilà désormais porté par la seule force de l’amour divin …

1209, nouvelle étape de conversion. Dans la chapelle de la Porziuncola – près de laquelle il réside pour la restaurer – saint François d’Assise est frappé par la lecture de l’Evangile durant la fête de Saint Mathias. De converti, il devient désormais missionnaire. Il décide d’ « épouser Dame Pauvreté » et troque son habit d’ermite pour une tunique simple pourvue d’une simple corde à trois noeuds, la bure franciscaine. Avec cette véritable dénudation publique, François marque alors une rupture totale avec sa vie antérieure. Selon Thomas de Celano, sa grossièreté et sa rudesse permettaient en effet de ne pas susciter la convoitise du monde et de « crucifier (…) sa chair avec les vices et les péchés ». Quand aux trois nœuds, ils représentaient les trois vœux suivants : l’obéissance, la chasteté et la pauvreté. Enfin, le Tau, la croix en bois porté par les frères franciscains, est une référence au prophète Ezéchiel qui fait de cette lettre un signe d’élection divine. Oui, sans conteste, François est désormais un serviteur de Dieu à part entière !

Porté par ces nouvelles aspirations spirituelles, François prend donc la route et se met à soigner les lépreux et à annoncer à tous que « Dieu est Amour ». Son vœu de pauvreté le place au cœur de la nature, à l’écoute du Seigneur, dans un perpétuel souci de l’imiter en tout. Chaque goutte d’eau, chaque fleur, chaque arbre est perçu par François comme un signe de la présence divine. Des merveilles de la création qui le touchent au quotidien et l’amèneront à composer un chant magnifique, le Cantique des Créatures. Ses nouvelles sources de contentement et de joie ? L’oubli de soi, la souffrance et l’attention aux autres. Habité par la Parole de l’Evangile, il prononce ainsi des sermons qui touchent un grand nombre. Roturiers, nobles, laïcs et clercs suivent ses traces et renoncent aux vanités du monde comme Saint François d’Assise l’a fait avant eux : Bernard de Quintavalle qui donne tous ses biens aux pauvres, Gilles d’Assise, Pierre de Catane, … Pour François, ces nouveaux compagnons sont ses frères, comme ils les appellent, et ils les envoient prêcher deux par deux comme Notre Seigneur Jésus le fit jadis avec ses apôtres. François se retrouve peu à peu à la tête d’une petite communauté entièrement dédiée à la prédication.

1210, Rome. Le pape Innocent III l’ayant vu en songe soutenir la cathédrale de Rome en ruine, Saint François d’Assise le rencontre afin de lui demander d’approuver son vœu de vivre selon l’Evangile et de valider sa fraternité naissante. Ayant reçu l’approbation de ce dernier, François devient un guide pour tous ceux qui veulent découvrir le bonheur de vivre en Dieu et les bienfaits de la fraternité. En 1212, il accueille notamment Claire d’Assise – de son vrai nom Claire Offreduccio – avec laquelle il fonde l’Ordre des Pauvres dames, les sœurs Clarisses. Il fondera également l’ordre des frères mineurs et le Tiers-Ordre.

1220. Victime de son succès, l’ordre franciscain tel que saint François d’Assise l’avait conçu évolue en dehors des vœux initiaux de son fondateur notamment en se focalisant sur l’étude et l’enseignement. Pour François, les frères devaient être des prédicateurs et des mendiants à la fois, un idéal sans contrainte institutionnelle qui rencontre des oppositions. Rempli d’humilité, ce dernier décide donc de renoncer à sa direction et la confie à Pierre de Catane.

Août 1224, François et quelques frères se retirent au monastère de l’Alverne. Le 17 septembre, il reçoit des stigmates après avoir médité sur les souffrances du Christ comme il l’avait déjà fait maintes et maintes fois. Un nouveau signe de son amour incommensurable pour Notre Seigneur Jésus Christ. Oui, il l’aimait tellement que ce dernier, crucifié pour nous sauver, lui a accordé la grâce des stigmates, a inscrit dans sa chair la Passion. Des blessures d’amour que Saint François a reçu dans une totale abnégation. Entièrement tourné vers son prochain, il s’est laissé transpercé par l’amour du Christ pour aimer ses frères …

Malade, François se réfugie ensuite près de la chapelle San Damiano où vit la communauté des sœurs pauvres, dans une simple hutte. Revenu sur les lieux où son itinéraire spirituel a débuté, il écrit le Cantique de frère soleil ou Cantique des créatures où il célèbre Dieu et sa Création. Son appréciation de la nature et son goût pour la contemplation de l’œuvre de Dieu font de lui un merveilleux patron des louveteaux chez les scouts encore aujourd’hui. L’iconographie du louvetisme reprend d’ailleurs régulièrement la scène de « promesse » que Saint François aurait partagé durant l’année 1220 avec un loup aux alentours de la ville de Gubbio alors même que ce dernier terrorisait la population depuis des mois. Le mât de meute notamment représente souvent la figure du loup de Gubbio tendant la patte à François en signe de foi. Après avoir fait le signe de croix et appelé l’animal « Frère Loup », François aurait en effet réussi à entamer une nouvelle relation avec la bête jusqu’alors cruelle et à conclure « une paix au nom de Dieu ». Une fois encore le message d’amour et de paix du saint homme avait porté ses fruits …

3 octobre 1226, saint François d’Assise meurt dans la chapelle du Transito. Sachant sa fin proche, il avait pris la peine de dicter à son confesseur des recommandations pour ses frères, leur demandant d’aimer et d’honorer Dame Pauvreté et de continuer à s’aimer les uns les autres. Une dernière requête remplie d’amour et de sagesse…

Saint François d’Assise : la postérité

Canonisé le 16 juillet 1228, saint François d’Assise fait partie des saints les plus populaires. Son amour de la nature, sa grande piété et son sens profond de la fraternité sont une source d’inspiration pour de nombreux chrétiens à travers le monde. Preuve en est, c’est à lui que nous devons notamment la première représentation de la crèche grandeur nature. La nuit du 25 décembre 1223, François d’Assise aurait en effet donné le rôle des différents personnages de la crèche à quelques habitants de Greccio, un village d’Italie. Une belle initiative qui nous permet de profiter aujourd’hui de magnifiques reconstitutions de ce moment de la Nativité cher à nos cœurs de croyants.

L’écologie

Le saviez-vous ? En 1979, le pape Jean Paul II a fait de François d’Assise le patron de l’écologie. Ayant élevé les animaux au rang de frères de l’homme, François d’Assise était également devenu le patron des animaux des décennies auparavant. Après une convention d’écologistes en 1931 à Florence, le 4 octobre – jour de la fête de Saint François d’Assise – a été instauré la Journée mondiale des animaux. Enfin, en 2015, au sein de son encyclique sur la sauvegarde de la Création, le pape François cite saint François d’Assise comme un exemple parfait « d’une écologie intégrale ». Véritable inspiration pour tous les amoureux de la nature, François touche chacun d’entre nous par ses louanges de la création merveilleuse, nous rappelant que toute vie trouve son origine en Dieu.

La mission de l’Eglise

En prenant le nom de François lorsqu’il devient pape en 2013, le cardinal Jorge Mario Bergoglio lance un message fort à tous les chrétiens. Cette référence claire à François d’Assise signifie clairement sa volonté de voir notre Eglise retourner à sa première mission, celle de « suivre nu le Christ nu » comme dit le vieil adage. Le Tau, un symbole étroitement lié à saint François d’Assise, est d’ailleurs la marque d’une fidélité sans limite au Christ et d’une vie modeste consacrée à Dieu. Une invitation à se concentrer sur le message de l’Evangile tout comme François d’Assise et à se laisser habiter par lui dans notre quotidien…

La fraternité

François nous laisse à tous un exemple de fraternité absolue. Ayant vécu une relation fraternelle avec tous, il s’est montré respectueux, n’a jamais cherché à exercer un pouvoir sur ses semblables et n’a fait aucune différence entre le pauvre et le riche, le faible et le fort. Son sens aigu de la personne humaine et sa foi inconditionnelle dans le dialogue est une grande source d’inspiration pour tous les pacifistes.

Quel parcours exemplaire que celui de saint François d’Assise ! Attiré par la gloire et les plaisirs de ce monde, il a su en toute humilité y renoncer et accepter la mission que lui avait confiée Notre Seigneur Tout-Puissant. Pour plaire à Dieu, il devint ainsi tour à tour restaurateur de chapelles, prédicateur et guide pour ses frères. Entièrement voué au Créateur, il fit l’éloge du dénuement, de la nature et de la fraternité pour mieux rapprocher ses semblables de celui qui est à l’origine de tout. Vingt après sa conversion, peu avant de mourir, ses pensées étaient toujours tournées vers ses frères lorsqu’il déclara plein d’amour : « J’ai accompli ma tâche, que le Christ vous apprenne à accomplir la vôtre ! ». Une invitation de saint François d’Assise à suivre le Christ qui ne peut nous laisser indifférent…

Crédit photo : © Fotolia – Zatletic | exvotodei

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