Les stigmates de saint françois d'assise

À la découverte du mystère des stigmates de Saint François d’Assise

C’est aux alentours de la Fête de la Croix Glorieuse, en l’an 1224, que François d’Assise reçut, au cours de sa retraite sur le Mont Alverne, la vision d’un séraphin ailé et crucifié. Une fois sorti de son extase, il dévoila, sur son corps, les marques de la Passion du Christ. Retour sur la vie de Saint François d’Assise et les stigmates qui le marquèrent en son corps et son esprit.

De François d’Assise à Saint François d’Assise

Pour narrer les stigmates de Saint François d’Assise, il est avant tout indispensable de se pencher sur la vie de cet homme qui, loin de toute richesse, vécut une vie d’humilité, de simplicité et de partage.

François d’Assise : un jeune homme frivole et fragile

Rien ne prédestinait François d’Assise à l’avenir pieux et humble que l’on connaît de lui aujourd’hui. Né en 1182 à Assise, François grandit avec ses failles et ses faiblesses d’enfant. Sa jeunesse, marquée par ses aspirations matérielles, l’entraîne jusque dans l’armée puis en prison, où il reste près d’une année. Sa piètre santé le pousse à prendre le temps de se recentrer et de méditer. De retour à Assise, il prend conscience de la futilité de sa vie et fréquente de plus en plus souvent les chapelles et églises. Son chemin vers Dieu se trace petit à petit.

La conversion de Saint François d’Assise

Année après année, le chemin spirituel de François d’Assise se poursuit, marqué par des interventions divines et des temps de prière de plus en plus longs. En 1209, le jeune homme devient missionnaire puis, en 1224, il se retire au monastère de l’Alverne, où il reçoit les stigmates. Durement touché par la maladie, il meurt en 1226 après avoir imploré ses frères et ses soeurs de continuer à aimer et honorer Dame Pauvreté. Un message d’amour et de paix qu’il n’aura jamais cessé de partager depuis sa conversion.

L’un des saints les plus populaires de la chrétienté

Canonisé moins de deux ans après sa mort, Saint François d’Assise fait partie des saints les plus aimés. Il faut dire que son immense humilité et sa grande piété en font un personnage emblématique de la religion catholique, et une véritable source d’inspiration pour les croyants du monde entier. Aujourd’hui considéré comme le patron de l’écologie, Saint François d’Assise continue de diffuser son message d’amour et de respect pour la nature, dans un monde qui en a plus que jamais besoin.

L’histoire des stigmates de Saint François d’Assise

Il faut remonter au 13e siècle pour plonger dans les origines des stigmates de Saint François d’Assise, alors que le Saint part se retirer pour un jeûne de 40 jours sur le Mont Alverne…

Une retraite pieuse sur le Mont Alverne

En 1224, soit deux ans seulement avant sa mort, Saint François d’Assise prend la décision de se retirer sur le mont Alverne, loin des tumultes et de l’agitation. Sur place, il s’engage dans un jeûne de 40 jours en l’honneur de Saint Michel. Contemplatif, Saint François passe ses journées à prier et à aider ceux qui l’accompagnent dans sa retraite. Au fil des jours, Saint François sent monter en lui une ferveur divine. Transporté en Dieu, il est saisi d’une compassion, d’une générosité et d’une tendresse extraordinaires.

La vision de Saint François d’Assise

Un jour, au coeur de sa pénitence, Saint François d’Assise est saisi d’une vision. Un séraphin doté de six ailes enflammées lui apparaît sous la forme d’un homme crucifié. François se retrouve submergé d’émotion, entre une douleur profonde émanant de celle même de Jésus Christ, et une joie infinie provenant de cette vision si familière. Sa voix intérieure se fait alors entendre. Et François comprend immédiatement qu’il doit se transformer lui-même pour embrasser non seulement l’amour divin, mais aussi les douleurs du prophète.

La métamorphose de Saint François d’Assise

Après avoir longuement observé cet être divin, Saint François d’Assise ressent de tout son corps et de tout son coeur l’empreinte du Seigneur. Sur ses pieds et sur ses mains, les marques des plaies de Jésus Christ apparaissent, crées par de fabuleux rayons de lumière. Disposé à recevoir ces impressions, François, nourri de l’amour divin, offre sa chair et son coeur à cette apparition. À la fin de sa transe, il réalise qu’il n’a jamais été autant à l’image de son Seigneur, à la fois empli de bienveillance et de douleur.

Une faveur divine unique

Jusque-là, nul saint n’avait encore reçut une telle faveur de la part de Dieu. Il eût fallu une dévotion totale de la part de François d’Assise pour se voir offrir un tel cadeau. Car aussi douloureuse fût l’impression, elle fut aussi et surtout merveilleuse, empreinte d’un amour et d’une générosité inconditionnels. Et c’est justement parce qu’elles étaient tout à fait uniques à cette époque et qu’aucun autre cas similaire n’avait alors jamais été rapporté que les plaies de Saint François d’Assise ont autant fait parler d’elles, notamment au sein de sa communauté religieuse.

Les plaies sacrées aux yeux du monde

La vision de Saint François d’Assise laissa derrière elle de nombreuses traces, notamment sur les pieds et les mains du saint. Des plaies visibles de tous qui ne manquèrent pas d’attirer l’attention.

De la discrétion à la découverte

Toujours discret, Saint François d’Assise, dont les plaies sacrées étaient visibles sur la peau, mit tout en oeuvre pour les dissimuler aux yeux du monde. Lui qui n’avait jusqu’alors jamais porté de souliers se décida à en porter afin de dissimuler ses pieds. De même, ses mains étaient recouvertes de tissu en permanence. Il quitta le Mont Alverne peu après avoir reçu les stigmates et fini son jeûne de 40 jours, et il continua à les cacher, comme un cadeau qu’il chérirait à jamais. Ces précautions fonctionnèrent un temps, puis le bruit courut, au sein de son entourage religieux, qu’il portait les plaies du Christ.

Les témoins d’un miracle divin

Peu à peu le message se répandit au sein de l’église, et nombreux sont d’ailleurs les cardinaux et les évêques à avoir été témoins des stigmates de Saint François d’Assise et à en avoir fait le serment. Parmi eux, le pape Alexandre IV, encore cardinal à cette époque, assure les avoir vues de ses propres yeux. Mais c’est véritablement à sa mort que de nombreuses personnes séculières purent les observer sur sa peau. Et parmi elle, sa fidèle disciple Sainte Claire d’Assise qui, en compagnie de ses compagnes de piété, se mit à genoux et les embrassa.

Un cadeau de dévotion

Cette faveur tout droit reçue du monde divin, Saint François d’Assise peut l’attribuer à sa dévotion envers Jésus Christ crucifié et à sa compassion envers la douleurs qu’il vécût lors de sa crucifixion. Tout au long de sa vie il reçut des message de son Crucifix, espérant à chaque fois lui devenir conforme. À sa mort, de nombreux témoignages de visions se firent entendre autour de lui. Certains l’avaient vu s’élever dans les airs, d’autres percé en son corps par deux glaives, et d’autres encore avaient vu une croix sortir de sa bouche… Et tous s’accordaient à dire que Saint François d’Assise vécut sa vie sous l’oeil protecteur de Dieu, et en relation étroite avec lui. Une relation plus proche qu’aucun autre saint ne rapporte avoir entretenu avec Dieu.

Les stigmates de Saint François d’Assise : des plaies miraculeuses

Dès le début de sa conversion, Saint François d’Assise brûlait du désir de ressembler à son Seigneur. En porter glorieusement les similitudes sur son corps fût donc une véritable bénédiction pour le Saint, mais aussi pour le monde qui l’entoure.

Des miracles en héritage

La mort de Saint François d’Assise ne changea en rien l’influence du Saint sur le monde. De nombreux miracles furent d’ailleurs rapportés à l’occasion de ces divines plaies. Alors que dans la province de Réate, de nombreux bestiaux furent terriblement touchés par la peste, un homme eût une vision divine et s’en alla chercher l’eau ayant servi à laver les pieds de Saint-François d’Assise au couvent de Saint François. Il jeta l’eau sur les bestiaux et ces derniers s’en retrouvèrent miraculeusement guéris. On rapporta également la fin des orages de grêle sur le mont Alverne après la retraite du saint sur place, ainsi que la guérison d’un homme paralysé par le froid après qu’il ait touché du doigt le saint homme… Ces nombreux miracles, attribués aux stigmates de Saint François d’Assise, se multiplièrent à l’occasion de cet événement divin.

Quand le mystère persiste au sein de la communauté religieuse

Malgré les nombreux témoignages faisant mention des miracles liés aux plaies divines de Saint François d’Assise, certains membres de la communauté religieuse doutaient encore de la véracité de ces stigmates. C’est ainsi que le Pape Grégoire IX, empli de doute, reçut de la main du Saint lui-même, au cours d’une vision, une fiole remplie du sang de Saint François. Un religieux de son Ordre, pour qui le mystère persistait encore, reçut lui aussi une visite de Saint François après sa mort. Tous les religieux ayant à un moment ou à un autre douté de la véracité de l’origine des plaies miraculeuses reçurent la visite de Saint François d’Assise, leur montrant leur origine divine.

Les stigmates de Saint François d’Assise reconnus par l’Eglise

Face à la multitude d’apparitions et de miracles liés aux plaies miraculeuses, l’Eglise prit la décision d’instituer une fête en l’honneur de Saint François d’Assise le 4 octobre. En 1228, Saint François est canonisé par Grégoire IX à Rome. Depuis, le Saint est vénéré à travers le monde par l’Église catholique et ses nombreux fidèles.

Après avoir vécu une vie d’humilité, de partage et de générosité, Saint François d’Assise, marqué par les plaies du Seigneur, continue encore aujourd’hui de répandre son message de compassion aux quatre coins de la planète.