La médaille miraculeuse

La Médaille Miraculeuse : que signifie cette médaille de la Vierge Marie ?

27 novembre 1830, rue du Bac. Un tableau ovale vient de se former autour de la Vierge Marie apparue miraculeusement dans la Chapelle. Une inscription en lettres d’or se forme à l’intérieur. C’est une invocation à « Marie, conçue sans péché ». Une seule demande peut s’y lire : « priez pour nous », nous les fervents croyants « qui avons recours à vous ». Lorsque le tableau se retourne, les détails de l’envers apparaissent distinctement : un « M » majuscule entouré de différents symboles. Une croix sur le haut et deux cœurs sur le bas, l’un auréolé d’une couronne d’épines et l’autre transpercé par une épée.

Catherine Labouré, la jeune femme devant qui la Vierge Marie apparaît en personne, reçoit alors une mission bien précise de cette dernière : faire frapper une médaille identique à celle qu’elle vient de voir apparaître. Avec une promesse : les heureux porteurs de cette Médaille Miraculeuse recevront à coup sûr de « grandes grâces », et même « des grâces abondantes » pour ceux qui ont confiance. En mai 1832, les premières médailles de la Vierge Miraculeuse sont répandues parmi les croyants.

Qui est Catherine Labouré et dans quel contexte lui est apparue la Vierge Marie ? De quelle manière la Médaille Miraculeuse va-t-elle connaître une fulgurante expansion ? Que symbolisent les mots et les dessins figurant sur cette médaille de la Vierge Miraculeuse ? Quel usage peut-on faire de cette médaille en tant que chrétien ? Retour sur les origines, le parcours et la signification d’une médaille à part, la Médaille Miraculeuse.

La Médaille Miraculeuse : Catherine Labouré, jeune novice attachée à la Vierge Marie

Née le 2 mai 1806, Catherine Labouré conçoit dès sa jeunesse le projet de devenir religieuse. A 24 ans, elle entre donc chez les Filles de la Charité à Paris afin d’y faire son temps de formation. Un désir ne la quitte pas : voir la Sainte Vierge. Quelques mois seulement après son entrée chez les Filles de la Charité, son vœu le plus cher va être exaucé. A trois reprises.

Le 18 juillet 1830 : une première apparition aux accents prophétiques

Cette nuit là, Sœur Catherine Labouré s’endort en pensant que Saint Vincent de Paul, dont la fête vient d’être célébrée, va lui accorder la grâce de contempler la Vierge Marie. Un peu plus tard, elle est réveillée par une voix d’enfant qui l’appelle et lui demande de se rendre à la Chapelle où la Sainte Vierge l’attend. La Sœur obéit et entre dans la Chapelle conduit par l’enfant jusqu’au sanctuaire.

Vers minuit, ce dernier lui annonce la venue de la Vierge Marie et Catherine Labouré voit alors « une dame très belle » s’asseoir dans le fauteuil du Directeur. Emue, la jeune Sœur se jette immédiatement aux pieds de Marie, pose les mains sur ses genoux et reste dans cette position un long moment, le moment « le plus doux de [sa] vie ».

La Vierge Marie lui annonce alors la venue proche de temps mauvais, de malheurs ainsi que le renversement d’un trône. Elle lui révèle également que Dieu veut lui confier une mission difficile. Finalement, après avoir désigné l’autel où elle est apparue comme un lieu particulier où toute personne confiante pourra voir ses demandes de grâces accordées, la Vierge finit par disparaître, comme une lumière qui s’éteint. Lorsqu’elle fait le récit de cette nuit très particulière au Père Aladel, son confesseur, ce dernier ne se montre pas convaincu. Pourtant, peu après la Révolution éclate.

Le 27 novembre 1830 : une deuxième apparition et une mission

Il est cinq heure et demi du soir. La Vierge apparaît à Catherine du côté de la Tribune. Debout, vêtue d’une robe de soie blanche, les pieds posés sur une boule, ornée de pierres précieuses rayonnantes, elle tient un globe au cœur de ses mains. Une voix intérieure explique alors à la jeune novice la signification de cette vision : le globe représente le monde et les rayons symbolisent les grâces que Marie répand sur les personnes qui le lui demandent. C’est alors que le tableau ovale évoqué précédemment vient se former autour de la Vierge. Un modèle parfait qui permettra à Catherine d’accomplir la mission que Marie lui confie ensuite : la fabrication de la Médaille de l’Immaculée.

Le Père Aladel fait part de la vision de la Sœur à l’archevêque de Paris qui autorise alors la frappe de la médaille.

Mai 1832, les premières médailles sont distribuées. Conversions, guérisons : les récits se multiplient quant à l’action miraculeuse de la médaille de la Vierge Marie surtout avec l’épidémie de choléra qui sévit depuis février à Paris. La foi populaire ne tarde alors pas à nommer cette dernière « Médaille Miraculeuse » et l’archevêque de Paris exhorte rapidement les croyants à la porter sur eux.

Décembre 1830 : la dernière apparition

Durant l’oraison, Catherine se trouve à nouveau en présence de la Vierge Marie. Cette dernière lui rappelle une nouvelle fois sa mission et lui annonce qu’elle ne lui apparaîtra plus désormais.

Quelques semaines plus tard, la sœur est envoyée dans un hospice à Reuilly où elle servira vieillards et miséreux durant 46 ans. Elle effectuera son service humblement, dans l’ombre, désireuse de garder l’anonymat.

La Médaille Miraculeuse : des visions de la Vierge Marie au dogme de l’Immaculée Conception

Si Catherine Labouré reste désormais en retrait, ses visions continuent d’avoir un fort impact sur l’ensemble des chrétiens. En effet, très rapidement la Médaille Miraculeuse se répand dans le monde entier : Etats-Unis, Pologne, Chine, Russie, … Au final, dix ans après les visions, sa diffusion dépasse déjà les dix millions d’exemplaires.

Outre l’expansion de la médaille de la Vierge Marie, fin 1838, une première Confrérie d’Enfants de Marie naît à Beaune, plus connue depuis 1969 sous le nom de Jeunesse Mariale, une association présente dans le monde entier de nos jours. Suit, en 1848, la publication d’un manuel des Enfants de Marie par le Père Aladel qui connaîtra un grand succès.

Entre temps, la Médaille Miraculeuse fait encore parler d’elle par le biais d’un banquier d’origine alsacienne, ardent détracteur du catholicisme : Alphonse Rastibonne. En 1842, à Rome, ce dernier se laisse convaincre de garder la médaille de l’Immaculée dans sa poche. Le lendemain, la Vierge lui apparaît alors qu’il se trouve dans une église. Suite à sa conversion, un procès canonique se tient et officialise la reconnaissance des Apparitions de la Sainte Vierge à Catherine.

En décembre 1854, Pie IX définit précisément le dogme de l’Immaculée Conception selon lequel la Vierge Marie a reçu, en prévision de sa maternité divine, le privilège unique de la conception immaculée, de la préservation du péché originel. Dans sa bulle pontificale, une allusion à la Médaille Miraculeuse semble être faite lorsqu’il décrit l’apparition de Marie au monde, une Marie « [répandant] ses rayons de toute part ».

Enfin, en 1947, Catherine Labouré est déclarée sainte par Pie XII.

La Médaille Miraculeuse : une symbolique profonde qui fortifie notre foi

Véritable appel à avoir une confiance entière en l’intercession de la Vierge Marie, la Médaille Miraculeuse détient en son sein un message fort pour tous les chrétiens. Des mots gravés aux dessins soigneusement ciselés, tout est fait pour amener le chrétien porteur de cette médaille à une méditation profonde :

  • L’appellation « Marie conçue sans péché » : la Sainte Vierge est l’Immaculée Conception.
  • Les pierres précieuses rayonnantes à ses doigts : ce sont les rayons de grâce, l’intervention en faveur des enfants de Dieu
  • Le « M » majuscule surmontée de la croix du Christ : l’enlacement de l’initiale de Marie à cette croix montre combien la Sainte Vierge est intimement liée à la mission salvatrice de Jésus envers l’Humanité.
  • Les deux cœurs : celui couronné d’épines désigne le cœur de Jésus et rappelle clairement la Passion du Christ ; celui transpercé par un glaive représente le cœur de Marie qui a accepté le sacrifice de son Fils pour notre Salut.
  • Les douze étoiles au pourtour de la Médaille : elles sont le symbole des douze apôtres et rappelle la mission de chaque baptisé, celle de s’associer au Christ dans sa mission salvatrice en unissant son propre cœur à ceux de Marie et de Jésus.

Loin d’être un talisman lié à une quelconque superstition, la Médaille Miraculeuse doit par conséquent être considérée comme un mémorial précieux de l’amour de la Sainte Vierge. Un rappel à notre cœur et à notre esprit. Grâce à cet objet de piété, notre foi est fortifiée, notre reconnaissance pour l’aide apportée par Marie est stimulée, l’amour que le Christ nous porte est rappelé à notre mémoire. Quelle belle manière de nous inciter jour après jour à nous conduire dignement en tant qu’enfant de la Vierge Marie !

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