Différence entre rosaire et chapelet

Le chapelet et le rosaire : quelle est la différence et comment les prier ?

Je me glisse dans une poche, un sac. Je suis niché au creux d’une coupelle, on me dépose sur une table de nuit. Je m’enroule parfois autour d’un crucifix. Je compte un grand nombre de perles qu’on appelle grains. Je peux être composé de plusieurs matières, des plus simples aux plus nobles. Je ressemble à un collier … et je suis orné d’une croix. On me récite, on me prie. J’accompagne la prière et le recueillement. On m’égrène, tout tranquillement … Nos grands-mères les conservaient bien précieusement, dans de jolies bourses en tissus ou en dentelles. On me bénit, aussi. Rose, rosaire. C’est aussi à cela que je sers, accompagner le rosaire. On me tient dans la paume d’une main. J’évoque Marie, j’évoque Jésus-Christ, j’évoque les saints. Bijou spirituel, bijou précieux, supports de nos prières … Je suis le chapelet.

Un chapelet, objet spirituel qui guide nos prières

Le chapelet sert à compter les prières, récitées de manière répétitive.

Il est constitué de perles (appelés « grains ») et se présente sous forme de collier ou de chaînette.

Le chapelet catholique se compose de 5 dizaines de petits grains. Tous les 10 grains, on trouve un gros grain. Le chapelet comporte également une croix de Jésus. On utilise le chapelet pour prier avec la Vierge Marie et évoquer les épisodes de la vie de Jésus Christ, appelés les Mystères.

Organiser nos prières grâce au chapelet et au rosaire

La prière du chapelet se réalise de cette façon :

  • Sur la croix du Christ, on récite le « Je crois en Dieu » (Credo).
  • Sur les gros grains, on récite le « Notre Père » (Pater Noster)
  • Sur les petits grains, les plus nombreux, on récite le « Je vous salue Marie » (Ave Maria).
  • Sur le plus gros grain, on prie avec le « Salut, ô Reine » (Salve Regina)
  • À la fin de chaque dizaine, on récite le « Gloire au Père » (Gloria Patri).

Cette courte vidéo nous aide à mieux comprendre comment prier notre chapelet :

Les matières du chapelet religieux

Les grains du chapelet peuvent être fabriqués en nacre, en bois, de métal, en verre, en os, en plastique, avec des pierres dures ou des pierres précieuses. Ils peuvent être aussi réalisés avec de simples nœuds faits sur une corde. La chaînette ou le cordon peut être composé de métal précieux ou non, de matière textile ou plastique. Le choix des matières est infini !

Le chapelet s’assimile parfois à un bijou. Disposé sur une table, on lui donne la forme d’une rose, avec la tige et la fleur. C’est un objet que l’on chérit. Le chapelet, un objet spirituel idéal et simple, pour accompagner notre foi, honorer Marie et les saints et accompagner nos prières.

Chapelet ou rosaire, un peu de vocabulaire !

On peut confondre chapelet et rosaire, ce sont en effet des mots aux significations très proches. Le chapelet est le support matériel de la prière du rosaire. Le rosaire est justement une prière récitée en égrenant un chapelet, c’est-à-dire en faisant glisser entre nos doigts les grains d’un chapelet. Trois tours de chapelets récités à la suite constituent un rosaire.

L’expression « prier le rosaire » signifie tout simplement réciter ses prières… et il s’agit d’une récitation fervente, attentive et concentrée, en s’aidant d’un chapelet. Le rosaire est avant tout une série de prières qui s’organise en plusieurs temps et permet de méditer sur les épisodes de la vie du Christ, qui est né, a vécu parmi nous, est ressuscité et est ensuite revenu délivrer son message aux hommes. Il faut donc effectuer 3 chapelets à la suite pour réaliser un rosaire. Le rosaire évoque donc l’idée d’une quantité plus importante de prières.

Pensons à une roseraie : ce joli mot désigne aussi une grande quantité de roses ou un jardin de roses. Il est très proche du mot rosaire.

Rosa, rosa, rosam, rosae, rosae, rosa … La rose, sous toutes ses formes et pour honorer la Vierge Marie.

Les origines du chapelet catholique

Les premiers chrétiens honoraient les statues de la Sainte Vierge avec des couronnes de roses, selon une coutume orientale. Le mot « chapelet » renvoie donc à cette pratique ancienne : offrir une couronne à notre Reine du Ciel, la Vierge Marie.

Bien entendu, on choisit la reine des fleurs, une rose tendre et douce, délicatement parfumée, pour constituer une couronne pour la Sainte Vierge. Comme dans une couronne, où les roses sont enfilées et assemblées les unes derrière les autres, le saint rosaire suggère l’idée d’une certaine quantité de roses, et donc une certaine quantité de prières pour Marie.

Plus tard, on remplacera la couronne de fleurs par une série de prières ou une couronne spirituelle.

Pourquoi prier le saint rosaire ?

Rosaire, comme des milliers de roses offertes à la Vierge Marie pour lui signifier notre amour et la remercier en retour de sa bienveillance infinie envers nous.

Roses, au pluriel, comme une couronne de roses, portée par Marie.

Roses, comme une couronne de roses ou même une couronne d’épines qui ont blessé le Christ pendant son calvaire.

Réciter un chapelet est une pratique très ancienne et permet aux chrétiens de se rapprocher des Mystères du Christ. En méditant le chapelet, on ne réalise qu’une seule série des mystères, il s’agit donc d’une méditation partielle. Le rosaire est donc une performance en termes de temps et d’endurance. Il sollicite notre attention, notre patience et notre persévérance. Il renforce notre foi et nous encadre dans un exercice spirituel salvateur.

Un rosaire est composé de 4 mystères, en référence aux épisodes de la vie du Christ. En priant le rosaire, nous nous associons à Marie et méditons en communion avec elle sur les épisodes de la vie du Christ. Le rosaire nous guide dans les mystères, des passages de la vie du Christ.

On distingue :

  • Les mystères joyeux (l’annonciation, la visitation, la nativité, la présentation au Temple)
  • Les mystères lumineux (le baptême, les noces de Cana, l’annonce du royaume, la transfiguration, l’eucharistie). Notons que la série des mystères lumineux a été ajoutée par le pape Jean-Paul II.
  • Les mystères douloureux (l’agonie, la flagellation, le port de la couronne d’épines, le chemin de croix et la crucifixion).
  • Les mystères glorieux (résurrection, ascension, Pentecôte, Assomption, couronnement de Marie).

Pourquoi prier avec un chapelet traditionnel ?

Aujourd’hui, nous vivons dans une frénésie permanente. Nos vies quotidiennes sont intenses et stressantes. Sollicitations numériques et consuméristes nous agressent de toutes les parts. Il est difficile de ne pas se laisser distraire. Même dans nos prières, nos pensées vagabondent sans cesse. Pour mieux nous concentrer et guider nos prières, un chapelet nous aide.

Posons-nous un instant.

Ouvrons-nous à la prière.

Mettons-nous au calme. Prions et avançons tranquillement dans ce moment de spiritualité, en communion avec la Vierge Marie, le Christ ou les saints. Offrons-leur nos prières, en faisant défiler les grains du chapelet entre nos doigts.

Utiliser un chapelet, pour sentir la prière dans nos cœurs, dans nos esprits bien sûr, mais aussi entre nos doigts, tout simplement. Les petits grains nous ramènent à cette matérialité. Par ce geste si facile, celui de faire défiler les grains entre nos doigts, à même notre peau, nous marquons notre présence : présence à nous-mêmes d’abord, présence à Marie dont nous reconnaissons l’amour infini, présence à Jésus et aux saints et surtout, présence à ce qu’on est en train d’accomplir là, en ce moment-là. Être ici, prier, se recueillir en soi, s’ouvrir à Marie, à Jésus, à Dieu et avancer, tranquillement, dans nos prières.

Prier le chapelet ou le rosaire, c’est s’offrir à la prière. On utilise un chapelet (un objet spirituel) pour prier le saint rosaire (série de prières). La prière du rosaire consiste tout simplement à réaliser 3 chapelets complets et à la suite.

Bonne récitation !