Choisir son chapelet catholique

Comment choisir son Chapelet Catholique?

Il est le trésor de prières dans lequel toute âme chrétienne peut venir puiser. Il est un réconfort pour chaque Enfant de Dieu et une protection puissante contre les œuvres du Malin. Il se glisse dans la poche ou se porte autour du cou. On l’accroche tantôt à un rétroviseur, l’enveloppe autour d’une statue de la Vierge Marie ou encore le range avec soin auprès de la Sainte Bible. Parfois, on le suspend en ex-voto au sein d’un lieu de pèlerinage en remerciement d’une grâce obtenue. Il s’agit bien sûr du trésor de grâces : le chapelet catholique.

Choisir son chapelet catholique, c’est choisir l’objet de piété qui viendra accompagner en tout temps et en tout lieu vos méditations avec la Sainte Vierge sur les Mystères de la vie de Jésus-Christ. Mais comment bien le choisir ? Quel modèle répondra à vos besoins et vos attentes? Partons à la découverte des différents chapelets existants à ce jour. Observons leurs compositions et leurs histoires pour mieux éclairer votre choix.

Le chapelet catholique : un objet de piété ancestral

Le chapelet catholique, dans sa forme traditionnelle, se compose de 59 grains. Regroupés par dizaines, nous aimons les égrener entre nos doigts en récitant les Je vous salue Marie et les Notre Père.

Le saviez-vous ? Le terme chapelet puise ses origines étymologiques du nom de la couronne appelée « chapel » (petit chapeau) que l’on posait jadis sur le front des statues de la Vierge Marie.

Le chapelet catholique : une Couronne de prières

Couronner de fleur l’être aimé. Voici une définition révélatrice de cette humble dévotion. La rose, reine des fleurs, s’impose alors à notre esprit comme une évidence. Chaque prière du chapelet est une fleur. Chaque mot qui la compose un pétale. Et c’est par cette série de prières que nous offrons une couronne de roses.

Ce n’est, d’ailleurs, pas sans rappeler les dires de Grégoire de Nazianze, grand théologien du IVème siècle. En effet, il aimait à penser que les couronnes de prières sont comme un bouquet offert lorsque nous les récitons.

  • Des prières à la symbolique mariale : La rose. La Vierge Marie porte elle-même le nom de cette fleur. Marie est la rose mystique invoquée dans les litanies de Lorette. Elle est, comme nous aimons l’appeler, la Fleur Mystique parmi les fleurs du Paradis.
  • Des prières à la symbolique christique : Le rosier, arbuste dont la végétation est épineuse. Il est non sans nous remémorer avec émotion la Passion du Christ, lorsque Jésus fût flagellé et revêtu d’une couronne d’épines.

La fabrication de chapelets catholiques : un métier ancestral

C’est au Moyen-Age que le terme « Patenôtrier » prend naissance. Etienne Boileau en fait d’ailleurs mention vers 1268 dans son imposant recueil sur les métiers parisiens : le Livre des métiers. Le patenôtrier est un artisan qui travaille les matériaux destinés à la fabrication de chapelets.

Tirant racine de l’expression latine « Pater noster » que l’on peut traduire par « Notre Père » ou « patenôtre », le nom de ce métier puise ses origines dans les gros grains présents sur les chapelets. Cette information nous est ainsi révélée dans le Dictionnaire historique des Arts, métiers et professions publié par Alfred Franklin en 1906. Nous y découvrons alors que ces gros grains se nomment « patenôtres » tandis que les petits grains sont appelés « gaudes ».

D’abord réuni en petites confréries, le métier de patenôtrier se démocratise et s’industrialise au fur et à mesure du temps. Progressivement, naissent de nombreuses fabriques de chapelets et usines installées un peu partout à travers la France. C’est ainsi que l’on voit apparaître, dès la fin du XIXème siècle, des fabriques à Lourdes, Ambert ou encore Saumur.

Composition du chapelet catholique traditionnel

Chaque chapelet a sa propre identité. De sorte que, même si beaucoup de modèles se ressemblent, ils n’en sont pas pour autant semblables. Ceci est particulièrement vrai pour les chapelets anciens. L’usure du temps, la patine qui habille chaque modèle le rend par essence unique. Mais ce n’est pas la seule différence notoire.

En effet, des modèles de chapelets catholiques peuvent arborer une organisation ou un nombre de grains différents des chapelets traditionnels. Certains chapelets ne présentent d’ailleurs pas de médaille de cœur. Il n’est pas rare non plus de voir la croix de terminaison remplacée par une médaille de dévotion.

Le chapelet catholique : Une forme trinitaire

Le chapelet catholique est composé de trois parties bien distinctes : le collier, le cœur, et le pendentif de terminaison. Cette forme trinitaire est non sans rappeler la Très Sainte Trinité : Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Il est tout de même à noter que même si cette forme traditionnelle est la plus répandue, chaque partie du chapelet peut varier de manière plus ou moins significative.

Le collier appelé aussi « couronne »

Le collier, appelé aussi couronne en hommage à la couronne de roses pour Marie ou d’épines pour le Christ, est formé de grains arborant différentes dimensions et enfilés sur une chaîne ou un fil. Ce collier est attaché aux deux bélières supérieures de la médaille de cœur.Si le chapelet n’arbore pas de médaille de coeur, le collier est alors rattaché à la chaîne du pendentif de terminaison (souvent incarné par la croix de Jésus).

Les matériaux qui composent la chaîne sont, la plupart du temps et dans un souci d’harmonie esthétique, de même composition que celle utilisée pour la croix et la médaille de cœur. Il n’est d’ailleurs pas rare de rencontrer des chapelets catholiques en plaqué or, argent, or jaune ou des métaux plus communs comme le cuivre et le laiton. Cependant, nous pouvons découvrir de nos jours de plus en plus de chapelets montés sur du fil plastique, que vous ne rencontrerez pas avec les modèles de chapelet anciens.

La médaille de cœur

Située entre le collier et le pendentif de terminaison, la médaille de cœur, appelée aussi médaille de répartition, peut arborer différentes formes et matières. Nous pouvons la découvrir çà et là sur différents chapelets, tantôt revêtue d’une forme en cœur, en losange, ou encore en carré. Parfois fine et ajourée ou au contraire pleine et massive. Elle peut s’habiller plus coquettement d’un émail d’art coloré ou bien d’une admirable surface nacrée. Peu importe la forme ou l’apparence qu’elle revêt, elle s’harmonise toujours avec perfection au pendentif de terminaison.

La médaille de cœur se présente à nous parée de trois bélières. Deux, sur sa partie supérieure, permettent de la rattacher au collier. Et la dernière, au centre de sa partie inférieure, permet de la rattacher à la chaîne du pendentif de terminaison.

D’ordinaire, la médaille de cœur est embellie par la représentation de la Sainte Vierge. Ce choix ne laisse place à aucun hasard. En effet, il symbolise le chemin qui mène de Marie (la médaille de cœur) à Jésus (la croix en pendentif de terminaison). C’est ainsi que l’on peut découvrir les plus célèbres apparitions mariales telles que la Vierge Miraculeuse, l’apparition de Notre-Dame de Lourdes, Notre-Dame du Perpétuel Secours ou encore Notre-Dame du Mont Carmel habiller la médaille de coeur. Mais Notre Très Sainte Mère aime aussi à se présenter plus modestement dans une position de profil ou en prière, par exemple.

Le pendentif de terminaison

Sur un chapelet traditionnel, le pendentif de terminaison est relié à la médaille de cœur par une chaîne parée de quelques grains. Il est terminé la plupart du temps par une croix ou, pour des dévotions plus spécifiques, par une médaille. Nous nous attarderons ici sur sa version la plus courante : habillé d’une croix chrétienne.

Voici quelques modèles que nous pouvons découvrir sur les chapelets catholiques ordinaires :

  • La croix du Christ crucifié : C’est le modèle le plus répandu. Le christ se présente revêtu d’une couronne d’épines sur la tête. Un morceau de tissu, appelé « perizonium », couvre sa nudité.
  • La Croix latine : Emblème de la foi catholique, elle nous remémore, par sa forme simplifiée, la passion du Christ.
  • La croix de Tau : On la reconnaît immédiatement par sa forme en «T» si particulière. La croix de Tau est le symbole plébiscité par Saint François d’Assise, les franciscains et les Antonins.
  • La croix tréflée : Elle arbore des extrémités aux formes trilobées symbolisant la Sainte Trinité.
  • La croix fleur-de-lysée : Ses extrémités s’habillent de somptueuses fleurs de lys. Symbole de pureté, il est aussi l’emblème de la France et de Sainte Jeanne d’Arc.
  • La croix médaille de Saint Benoît : Reconnue comme symbole protecteur face aux œuvres du Malin, la médaille de Saint-Benoît, revêt les paroles de Saint Benoît en latin. Elles lui permirent d’échapper à la tentation et à l’empoisonnement grâce au signe de Croix.
  • La croix perlée : Elle s’orne de délicates perles habillant le montant et les bras de la croix.

Les grains du chapelet catholique : une diversité exceptionnelle

Cinquante-neuf. C’est le nombre de grains qui habillent chaque chapelet traditionnel. Arrêtons-nous un instant pour découvrir ces merveilles qui embellissent nos chapelets catholiques.

La forme revêtue par les grains du chapelet catholique

Les grains qui habillent les chapelets catholiques peuvent revêtir différentes tailles et formes. Elles peuvent être en forme de fleur (en mémorial à la couronne de rose), mais aussi sphériques, ciselées, avec inclusion etc… Leurs dimensions aussi varient tout autant. Et c’est ainsi que l’on peut découvrir de minuscules grains, parfois pas plus grand qu’un millimètre. Ces dimensions notables seront surtout rencontrées sur les modèles de chapelets anciens. En effet, Ils étaient principalement destinés à habiller les chapelets des poupées ou de petites statuettes à l’effigie de la Vierge Marie. Toujours dans les modèles anciens, nous pouvons aussi découvrir des grains aux dimensions beaucoup plus imposantes, pouvant atteindre parfois 3-4 cm voire plus. Ceux-là étaient essentiellement destinés aux chapelets de pèlerinage ou aux chapelets d’ornementations murales.

Les chapelets traditionnels, destinés à nos temps de recueillement et de prière, arborent plus communément des tailles de grains autour de 4 à 12 mm (12 mm étant déjà une dimension conséquente et moins facile à égrener entre nos doigts).

Voici les formes de grains de chapelets catholiques les plus répandues :

  • Les perles sphériques ou perles rondes avec ou sans facettes
  • Les perles ovales ou en forme de grain de riz
  • Les perles cubiques

Ce ne sont bien sûr pas les seules formes l’on peut rencontrer ce qui est d’autant plus certain avec les chapelets anciens à l’artisanat parfois très complexe.

La matière qui compose les grains du chapelet catholique

Les grains des chapelets catholiques sont réalisés en matières aussi surprenantes que variées. Que ce soit des matériaux naturels ou d’imitation, l’attention est souvent portée à la manière dont les grains glissent entre les doigts. En effet, ce geste répétitif avec l’objet, ce contact de la peau avec la matière, apporte une dimension spirituelle apaisante à ce moment de recueillement et de prière.

Voici quelques matières naturelles et d’imitation qu’il n’est pas rare de découvrir dans la composition des grains :

  • La nacre
  • Le Quartz ou cristal de roche
  • L’Opale
  • L’Ambre
  • La Pierre de lune
  • La Porcelaine
  • Les perles de rocaille

Mais nous pouvons aussi trouver des grains en gemmes minérales telles que l’aventurine, la citrine, l’améthyste, l’œil de tigre et bien d’autres…

Les chapelets dédiés aux saints catholiques et aux dévotions spéciales

Bien que les chapelets traditionnels à l’effigie de Notre Seigneur et de de Notre Très Sainte Mère, soient les plus affectionnés, vous pouvez être amenés à vouloir solliciter l’aide plus spécifique d’un saint ou d’une dévotion spéciale.

Les chapelets de saints catholiques

Confectionnés en l’honneur de nos saintes catholiques, ces chapelets de dévotion se composent, tout comme les chapelets traditionnels, de 59 grains. Cette version est la plus commune mais il est possible de les rencontrer avec des colliers présentant un nombre de grain plus concis. On restera ici sur les modèles les plus communs.

Si leur composition reste similaire, on observe tout de même une différence notoire sur le pendentif de terminaison.

En effet, il n’est pas rare que la croix de Jésus soit accompagnée d’une médaille à l’effigie du saint honoré ou plus drastiquement, que la croix se voit remplacée par la médaille de dévotion arborant le portrait du saint que l’on souhaite sollicité dans nos prières.

Il n’est pas exceptionnel non plus que les grains intercalaires du collier soient habillés, eux aussi, des médailles à l’effigie du saint par lequel on désire une aide ou des indulgences.

Parmi les plus répandus, on peut citer notamment :

  • Le chapelet de saint Joseph. Autorisé par Benoît XV depuis 1914, on médite généralement les Mystères de la vie de Saint Joseph sur chaque dizaine.
  • Le chapelet de sainte Thérèse de Lisieux.
  • Le chapelet de sainte Thérèse d’Avila.
  • Le chapelet de sainte Anne. Mère de la Vierge Marie, épouse de Joachim, Sainte Anne est la patronne des familles chrétiennes. Elle est fêtée le 26 Juillet.
  • Le chapelet de sainte Jeanne d’Arc. Canonisée en 1920 par Benoît XV, Jeanne d’Arc est notre sainte patronne de France. Elle incarne la force, le courage et la dévotion.
  • Le chapelet de Saint Benoît. Il s’habille de la médaille de Saint de Benoît dont l’histoire et les miracles sont racontés depuis plusieurs siècles. De nombreux saints lui accordent des vertus de protection face aux œuvres du Malin.

Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et il existe de nombreux autres chapelets en l’honneur de nos saints catholiques.

Les chapelets de dévotions spéciales

Plus particuliers, ces chapelets peuvent se présenter avec un nombre de grains traditionnels ou au contraire, arborer un nombre de grains de moindre quantité correspondant à la spécificité de la dévotion. Parmi les plus représentatifs, on peut découvrir :

  • Le chapelet de l’Enfant Jésus de Prague
  • Le chapelet de l’Archange Saint Michel
  • Le chapelet de l’Ange gardien
  • Le chapelet des cinq plaies de Notre Seigneur Jésus Christ
  • Le chapelet de la Sainte Trinité
  • Le chapelet du Sacré Cœur de Jésus
  • Le chapelet FIAT

C’est en parcourant toutes leurs spécificités, toutes leurs différences, que l’on mesure à quel point il existe d’innombrables modèles et tout autant de façon de choisir son chapelet catholique.

Objet de prière, à la fois souvenir et doux mémorial, le chapelet catholique est un objet sacré incontournable pour tous chrétiens.

Choisir son chapelet catholique, c’est choisir le trésor de Prières que l’on offrira en couronne à la Vierge Marie. C’est aussi choisir le support matériel qui nourrira l’âme spirituellement par une récitation pieuse et assidue. Comme il est plaisant d’imaginer le cœur attendri de Notre Sainte Mère devant les paroles d’une âme fidèle répétant mille fois le Je vous salue Marie.

Marie, mère du Ciel et chemin qui nous mène à Jésus. Tant de fois la Sainte Vierge, par ses apparitions, nous a invités à nous munir d’un chapelet catholique et à le prier avec ferveur, nous promettant indulgences, grâces et miracles. Quel puissant appel céleste ! Le Bienheureux Francisco Marto y répondit d’ailleurs de façon exemplaire par ces pieuses paroles : « O Belle Dame, le chapelet, je le dirai aussi souvent que vous le voudrez ».